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Plateforme agréée DGFiP : comment vérifier une immatriculation en 5 étapes

Un logo affiché sur un site ne prouve pas grand-chose. Voici la méthode pas à pas pour contrôler vous-même, sur la source officielle, qu'une plateforme est bien immatriculée par la DGFiP.
Ilan Lemos
Ilan Lemos12 min de lecture

Sur la page d'accueil d'un logiciel de facturation, la mention « plateforme agréée par la DGFiP » est devenue un argument standard. Un logo officiel l'accompagne souvent. Ce logo ne prouve rien à lui seul. L'administration publie une liste officielle des plateformes agréées, et c'est le seul document qui fait foi.

Pour vérifier qu'une plateforme est agréée par la DGFiP, téléchargez la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr. Elle donne le nom commercial, l'adresse, le site internet, le courriel et la date de délivrance du numéro d'immatriculation. Une plateforme absente de cette liste n'est pas une plateforme agréée, quel que soit son discours commercial.

La vérification tient en cinq gestes, dans cet ordre :

  1. Ouvrir la liste officielle des plateformes agréées sur impots.gouv.fr.
  2. Chercher le nom commercial exact de l'éditeur, pas celui de sa maison mère.
  3. Repérer laquelle des deux listes le fait apparaître.
  4. Lire la date de délivrance du numéro d'immatriculation.
  5. Demander à l'éditeur ce que son offre couvre vraiment.

Cet article détaille chaque geste. Il ne reprend pas la liste des plateformes agréées, qui vit sur sa propre page. Il ne remplace pas non plus les critères de choix d'une PDP. Son objet est plus étroit : contrôler soi-même un statut d'immatriculation avant de signer.

Ce que signifie « plateforme agréée » en 2026

Une plateforme agréée est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'État. Elle émet, transmet et reçoit les factures électroniques. Elle en extrait aussi les données utiles à l'administration fiscale. L'appellation a changé en cours de route. On disait « plateforme de dématérialisation partenaire », ou PDP. Le terme officiel est devenu « plateforme agréée » (source : DGFiP, 2026).

La différence avec un simple éditeur de logiciel est nette. Un outil comptable, un logiciel de facturation ou une application bancaire peuvent porter le label « Solution compatible ». Ce label ne vaut pas immatriculation. La DGFiP l'écrit noir sur blanc. Une solution compatible n'est pas immatriculée par l'administration. Elle doit être raccordée à une plateforme agréée (source : DGFiP, septembre 2025).

Le vocabulaire de l'e-invoicing n'aide pas. Agrément, immatriculation, certification et label ne désignent pas la même chose. On parle souvent de « numéro d'agrément » : l'administration, elle, parle de numéro d'immatriculation. Ce détail compte quand vous posez la question à un commercial.

L'immatriculation n'est pas acquise pour toujours. Elle est délivrée pour trois ans, renouvelable. Le service d'immatriculation peut la retirer en cas de manquements répétés (source : DGFiP, 2026). Un statut vérifié aujourd'hui devra donc être revérifié plus tard.

Qu'est-ce qu'une plateforme agréée pour le service public ?

La formule prête à confusion. « Agréée » veut dire agréée par l'État, pas « réservée au secteur public ». Le portail public de facturation, le PPF, joue un autre rôle. Il gère l'annuaire d'adressage et la concentration des données. Pour savoir qui fait quoi, la différence entre PDP, PPF et OD pose le cadre.

La méthode en 5 étapes pour vérifier une immatriculation

Comment vérifier si une plateforme est immatriculée ? Tout tient dans un réflexe : partir de la source, jamais du site de l'éditeur. La DGFiP publie deux fichiers téléchargeables, aux formats ODS, XLSX et PDF. Au relevé du 6 août 2026, le premier recense 145 opérateurs et le second 19.

Beaucoup cherchent un « annuaire officiel des plateformes agréées ». Le mot est trompeur. Dans la réforme 2026, l'annuaire sert à router les factures vers le bon destinataire. Ce n'est pas le registre des immatriculations. Sur ce point précis, l'annuaire de la facturation électronique traite le sujet. Ici, le bon document s'appelle liste des plateformes agréées.

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Étape 1/5

Ouvrir la liste officielle sur impots.gouv.fr

Rendez-vous dans l'espace Professionnel d'impots.gouv.fr, rubrique « Je consulte la liste des plateformes agréées ». Téléchargez le fichier en ODS, XLSX ou PDF. C'est la seule source qui fait foi. Ne partez jamais d'une liste recopiée sur un blog, y compris la nôtre.

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Étape 2/5

Chercher le nom commercial exact de l'éditeur

Le fichier indique un nom commercial, pas une raison sociale ni un SIREN. Un éditeur peut être immatriculé sous une marque différente de celle qu'il vous vend. Cherchez les deux. Les colonnes « Site internet » et « Courriel de contact » permettent ensuite de lever le doute.

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Étape 3/5

Repérer dans laquelle des deux listes il apparaît

La première liste réunit les opérateurs satisfaisant à l'ensemble des conditions, tests d'interopérabilité compris. La seconde réunit ceux dont le dossier est complet et conforme. Leur immatriculation définitive reste conditionnée à la réussite de ces tests. La nuance est décisive.

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Étape 4/5

Lire la date de délivrance du numéro d'immatriculation

Seule la première liste porte la colonne « Date de délivrance du numéro d'immatriculation ». Le numéro lui-même n'y figure pas. Notez cette date, car l'immatriculation vaut trois ans. Demandez le numéro directement à l'éditeur, par écrit, et conservez sa réponse.

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Étape 5/5

Demander à l'éditeur ce que son offre couvre vraiment

La liste officielle ne décrit ni le périmètre fonctionnel, ni les formats, ni l'e-reporting, ni les tarifs. Posez donc une question simple par écrit : quelles offres de votre catalogue passent par la plateforme immatriculée ? Un éditeur solide répond en une ligne.

1. Trouver la source

Où regarderimpots.gouv.fr, espace Professionnel, rubrique « Je consulte la liste des plateformes agréées »
Signal d'alerteL'éditeur renvoie vers sa propre page plutôt que vers le fichier officiel

2. Identifier la ligne

Où regarderColonnes « Nom commercial », « Site internet » et « Courriel de contact »
Signal d'alerteLe nom vendu ne correspond à aucune ligne, même en cherchant la maison mère

3. Lire le statut

Où regarderListe 1 avec date de délivrance, ou liste 2 en attente des tests d'interopérabilité
Signal d'alerteUne présence en liste 2 présentée comme une immatriculation définitive
Arbre de décision pour vérifier si une plateforme est agréée par la DGFiPLe nom commercial figure-t-ildans la liste officielle DGFiP ?NonOuiCe n'est pas une plateforme agrééeAu mieux une solution compatible,qui doit être raccordée à une PApour transmettre vos facturesPoint de vigilanceLe logo « Solution compatible »ressemble beaucoup au logo« Plateforme agréée » : mêmepictogramme, bandeau différentElle est bien immatriculée.Dans laquelle des deux listes ?Liste 1 : toutes les conditions rempliesTests d'interopérabilité réussis, date dedélivrance du numéro indiquéeListe 2 : immatriculation en attenteDossier complet et conforme, testsd'interopérabilité restant à passer
Les deux fichiers publiés par la DGFiP ne racontent pas la même chose : le premier atteste une immatriculation délivrée, le second un dossier accepté.

Pourquoi un statut affiché sur un site ne suffit pas

Deux marques officielles circulent, et elles se ressemblent beaucoup. La première, « Plateforme agréée : Facturation électronique », identifie les plateformes immatriculées. La seconde, « Solution compatible : Facturation électronique », identifie des logiciels conformes aux obligations de la réforme. Ces logiciels ne sont pas immatriculés (source : DGFiP, septembre 2025). Même pictogramme, même typographie, un simple bandeau de couleur les sépare.

Trois situations reviennent sans arrêt. Un éditeur affiche le logo « Solution compatible », et son commercial parle de plateforme agréée. Un éditeur passe par un partenaire immatriculé : c'est le partenaire qui est agréé, pas lui. Un éditeur s'appuie enfin sur une liste ancienne, alors que son statut a évolué depuis.

Le troisième cas mérite attention. L'immatriculation vaut trois ans et peut être retirée en cas de manquements répétés (source : DGFiP, 2026). Une liste enregistrée en local vieillit donc mal. Reprenez le fichier à la source avant chaque décision engageante.

L'enjeu n'a rien de théorique. La DGFiP indique qu'une solution compatible ne peut pas transmettre les factures directement à l'administration fiscale. Elle ne peut pas non plus agir comme intermédiaire officiel. Elle doit être raccordée à une plateforme agréée (source : DGFiP, septembre 2025). Si votre chaîne s'arrête à un éditeur non immatriculé, vos factures ne partent pas par le bon circuit.

Quatre pièges à connaître avant de signer

  • Le logo « Solution compatible » affiché à la place du logo « Plateforme agréée » : mêmes couleurs, promesse très différente.
  • Une immatriculation portée par un partenaire tiers, et non par l'éditeur avec lequel vous contractez.
  • Une présence en liste 2, encore conditionnée à la réussite des tests d'interopérabilité, présentée comme un agrément acquis.
  • Une capture d'écran ou une liste recopiée, sans date de relevé ni lien vers le fichier officiel.

Ce que nous vérifions nous-mêmes avant de recommander une solution

Nous appliquons la procédure décrite plus haut, sans raccourci. Nous téléchargeons le fichier publié par la DGFiP. Nous notons la date de consultation. Puis nous relevons dans quelle liste figure chaque éditeur. Nos avis de logiciels ne partent jamais d'un communiqué de presse.

Nous disons aussi ce que nous ne vérifions pas. Nous ne testons pas la robustesse d'une plateforme en conditions réelles : ces tests d'interopérabilité relèvent de l'administration. Nous ne contrôlons pas non plus les engagements contractuels ligne à ligne. Sur ces deux points, l'éditeur reste votre interlocuteur.

Dernier rappel utile. Une immatriculation ne vous dispense de rien en interne. Vous restez responsable du contrôle et de la conservation de vos factures. Cela passe notamment par les quatre dispositifs de piste d'audit fiable. La plateforme sécurise le transport, pas votre organisation.

Notre relevé : source, date et périmètre

  • Source unique : la liste des plateformes agréées publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr, en ODS, XLSX ou PDF.
  • Date de relevé : 6 août 2026, jour de la dernière modification de la page officielle.
  • Distinction systématique entre les 145 opérateurs satisfaisant à toutes les conditions et les 19 dossiers en attente des tests d'interopérabilité.
  • Hors périmètre : performance technique, qualité de service, conditions contractuelles et tarifs, absents du fichier officiel.
  • Notre méthodologie complète et nos règles de transparence →

Cas pratique : comparer deux statuts d'agrément différents

Prenons deux éditeurs présents l'un et l'autre dans les fichiers officiels. Le premier, Axonaut, figure dans la liste des opérateurs satisfaisant à l'ensemble des conditions. Sa date de délivrance du numéro d'immatriculation y est indiquée : le 8 janvier 2026, au relevé du 6 août 2026. Notre avis sur Axonaut détaille le reste de l'offre.

Le second figure dans la seconde liste. Son dossier est complet et conforme. Son immatriculation définitive reste conditionnée à la réussite des tests d'interopérabilité. Aucune date de délivrance n'apparaît sur sa ligne. Commercialement, les deux éditeurs peuvent parler d'agrément. Sur le fichier officiel, l'écart est visible en une seconde.

Reste une limite à connaître. La liste ne dit pas si la plateforme est généraliste, spécialisée EDI ou tournée vers le secteur public. Elle ne donne ni les formats gérés, ni la compatibilité avec le réseau Peppol, ni la couverture de l'e-reporting. Ce positionnement se vérifie ailleurs : notre comparatif des plateformes de facture électronique et le guide des plateformes couvrent ce terrain.

Contenu des colonnes

Liste 1 : toutes les conditions rempliesNom commercial, adresse, site internet, courriel, date de délivrance du numéro d'immatriculation
Liste 2 : immatriculation définitive en attenteNom commercial, adresse, site internet, courriel

Tests d'interopérabilité

Liste 1 : toutes les conditions rempliesRéussis en conditions réelles
Liste 2 : immatriculation définitive en attenteRestent à passer

Ce que l'éditeur peut dire honnêtement

Liste 1 : toutes les conditions rempliesPlateforme agréée, immatriculation délivrée
Liste 2 : immatriculation définitive en attenteDossier déposé, complet et conforme

Ce qu'il faut lui demander

Liste 1 : toutes les conditions rempliesLe numéro d'immatriculation et les offres réellement couvertes
Liste 2 : immatriculation définitive en attenteLe calendrier de passage des tests d'interopérabilité

Opérateurs recensés au 6 août 2026

Liste 1 : toutes les conditions remplies145
Liste 2 : immatriculation définitive en attente19

Votre vérification est-elle complète ?

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Avez-vous ouvert le fichier publié par la DGFiP, et non une liste recopiée ?

Après la vérification : passer au choix

Contrôler une immatriculation prend dix minutes. Choisir la bonne plateforme demande davantage. Une fois le statut confirmé, la question change de nature. Quel type d'offre correspond à votre taille, vos volumes et vos outils ?

Pour cette étape, partez de notre guide sur quelle plateforme agréée choisir selon votre profil. Vous préférez d'abord toucher du doigt la mécanique d'une facture conforme ? Notre outil de création de facture permet de s'y mettre tout de suite.

Sources

Informations vérifiées le Août 2026

  • DGFiPListe officielle des plateformes agréées, en ODS, XLSX et PDF (page modifiée le 6 août 2026)
  • DGFiPRôle des plateformes agréées, immatriculation de trois ans renouvelable et conditions de retrait
  • DGFiPMarque « Plateforme agréée » et label « Solution compatible », document de septembre 2025
Téléchargez la liste officielle des plateformes agréées sur impots.gouv.fr, dans l'espace Professionnel. Cherchez le nom commercial exact de l'éditeur, puis regardez dans laquelle des deux listes il apparaît. La première atteste une immatriculation délivrée, la seconde un dossier en attente des tests d'interopérabilité.
C'est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'État, anciennement appelé plateforme de dématérialisation partenaire (PDP). Elle émet, transmet et reçoit les factures électroniques, et transmet à l'administration les données de transaction et de paiement. Son immatriculation est délivrée pour trois ans, renouvelable.
Sur impots.gouv.fr, rubrique « Je consulte la liste des plateformes agréées » de l'espace Professionnel. Deux fichiers y sont proposés, aux formats ODS, XLSX et PDF. Notre liste des plateformes agréées reprend ces données avec les coordonnées de chaque acteur.
Non. Le fichier publié indique la date de délivrance du numéro d'immatriculation, pas le numéro lui-même. Pour l'obtenir, demandez-le directement à l'éditeur par écrit, et conservez sa réponse dans votre dossier de conformité.
Non, pas seul. Selon la DGFiP, une solution compatible n'est pas immatriculée. Elle ne peut ni transmettre les factures directement à l'administration, ni agir comme intermédiaire officiel. Elle doit obligatoirement être raccordée à une plateforme agréée.
Au minimum avant chaque décision engageante : signature, renouvellement, changement d'offre. L'immatriculation vaut trois ans et peut être retirée en cas de manquements répétés. Une liste enregistrée sur votre poste devient vite obsolète.