Aller au contenu principal
Facture Électronique en Ligne
Guide FEG | Réglementation 2026

Facture électronique : tout savoir sur la réforme de 2026

La facturation électronique se déploie progressivement en France à partir de 2026, puis en 2027. Les formats de factures évoluent, les logiciels s'adaptent, et un nouveau circuit de transmission apparaît pour acheminer les données. Résultat : l'ensemble des informations de facturation transitera désormais par les serveurs de l'administration fiscale.
Ilan Lemos
Ilan Lemos11 min de lecture

Définition de la facture électronique

Une facture électronique désigne une facture créée, envoyée et reçue dans un format électronique structuré (Factur-X, UBL ou CII). À la différence d'un simple PDF, elle embarque des données directement exploitables par les logiciels de comptabilité. Son acheminement passe nécessairement par une plateforme agréée.

Il ne faut pas confondre facture électronique et facture dématérialisée : un fichier Word ou PDF, y compris avec une signature électronique, ne constitue pas une facture électronique au regard de la réforme. Le document doit se conformer à un format informatique normé qui permet l'extraction automatique des informations (montants, TVA, références client).

Format

PDF classiqueImage ou texte non structuré
Facture électroniqueDonnées structurées (XML)

Traitement

PDF classiqueManuel (ressaisie)
Facture électroniqueAutomatique (intégration directe)

Conformité 2026

PDF classiqueNon conforme
Facture électroniqueConforme

Transmission

PDF classiqueEmail, courrier
Facture électroniqueVia plateforme agréée

La réforme s'articule autour de trois volets distincts :

  • E-invoicing : création et réception de factures électroniques entre entreprises françaises soumises à la TVA (transactions B2B domestiques).
  • E-reporting de transactions : envoi des données de ventes B2C et des opérations internationales à l'administration fiscale. La périodicité de transmission varie selon votre régime de TVA (mensuel ou trimestriel).
  • E-reporting de paiement : envoi des données d'encaissement pour les prestations de services soumises à TVA sur encaissement. Même périodicité, calée sur le régime de TVA.

Son fonctionnement en pratique

La facturation électronique s'appuie sur un écosystème encadré : des formats normalisés, un circuit de transmission sécurisé et un annuaire centralisé pour orienter les factures vers le bon destinataire.

Les 3 formats acceptés

La réforme rend obligatoire l'usage de l'un des trois formats structurés ci-dessous :

Factur-X

TypeHybride
DescriptionPDF lisible + XML intégré
Pour qui ?TPE, PME (format recommandé)

UBL

TypeXML pur
DescriptionUniversal Business Language
Pour qui ?Grandes entreprises, ERP internationaux

CII

TypeXML pur
DescriptionCross Industry Invoice
Pour qui ?Systèmes SAP, flux EDI

Factur-X reste le format le plus souple : il se lit comme un PDF traditionnel tout en intégrant les données structurées indispensables à l'intégration automatique. C'est le choix le plus adapté pour les TPE et PME.

Le circuit de transmission

Une facture électronique ne peut pas être envoyée par email. Elle doit impérativement transiter par une plateforme agréée (anciennement appelée PDP, Plateforme de Dématérialisation Partenaire).

FOURNISSEURLogiciel de facturationCLIENTLogiciel comptablePLATEFORME PA(Fournisseur)PLATEFORME PA(Client)ANNUAIREBase de données centraliséeÉTAT (DGFiP)E-reporting1. Envoi2. Routage3. Réception4. Transmission fiscale
Parcours d'une facture électronique à travers les plateformes agréées

Voici comment le circuit se déroule concrètement :

  1. Vous établissez votre facture dans votre logiciel de facturation
  2. Votre plateforme agréée consulte l'annuaire des entreprises pour repérer la plateforme de votre client
  3. La facture est acheminée vers la plateforme de votre client
  4. En parallèle, les données sont communiquées à l'administration fiscale (e-reporting)
  5. Votre client récupère la facture dans son logiciel

L'annuaire des entreprises

L'annuaire des entreprises est un référentiel centralisé, administré par l'État. Il recense l'ensemble des entreprises assujetties à la TVA ainsi que leur plateforme de rattachement. C'est ce registre qui permet à votre plateforme de savoir où diriger vos factures.

Point positif : aucune inscription manuelle n'est nécessaire de votre côté. Votre plateforme agréée se charge de synchroniser automatiquement vos informations. L'annuaire fait l'objet d'une mise à jour quotidienne.

Pour approfondir le sujet, consultez notre guide dédié à l'annuaire de la facturation électronique.

Points forts et limites de la facture électronique pour les entreprises

La facturation électronique n'est pas un changement anodin. Elle génère des bénéfices concrets, mais s'accompagne aussi de contraintes. Les effets varient selon la taille et le profil de votre entreprise.

Les avantages

8 points positifs

  • Automatisation des flux de facturation : vous gagnez du temps et de l'efficacité sur vos processus comptables
  • Moins d'erreurs grâce à la suppression de nombreuses saisies manuelles
  • Suivi instantané : vous visualisez en temps réel l'état de chaque facture
  • Reporting fiscal précis, transmis automatiquement à l'administration
  • Trésorerie mieux pilotée : les factures bloquées ou en retard de paiement sont repérées rapidement
  • Plus aucune facture égarée : chaque document est horodaté et tracé de bout en bout
  • Archivage sécurisé : le stockage conforme est assuré par les plateformes
  • Baisse des coûts : le traitement d'une facture électronique revient moins cher qu'une facture papier

Les inconvénients

4 points d'attention

  • Du temps à consacrer à la mise en conformité : les dirigeants de petites structures doivent se pencher sur un sujet qui ne produit pas directement de chiffre d'affaires
  • Effort de transformation numérique : paramétrage des outils, organisation des processus, montée en compétence des équipes
  • Coût de l'abonnement à une solution de facturation électronique
  • Transparence totale vis-à-vis du fisc : si certains revenus ne sont pas déclarés, la marge de manoeuvre disparaît

Les raisons de la réforme en France

La France s'inscrit dans une dynamique européenne engagée depuis plusieurs années. L'Italie a généralisé la facturation électronique dès 2019, et d'autres pays de l'Union ont suivi.

Avec cette réforme, l'État vise trois objectifs majeurs :

  • Combattre la fraude à la TVA. La remontée automatique des données de facturation permet au fisc de repérer plus facilement les anomalies et les schémas frauduleux. Le manque à gagner en matière de TVA représente plusieurs milliards d'euros chaque année en France.
  • Alléger les obligations déclaratives. À terme, les déclarations de TVA pourront être pré-remplies à partir des données collectées. Moins de ressaisie, moins d'erreurs, moins de contrôles a posteriori.
  • Moderniser les échanges inter-entreprises. La dématérialisation accélère les flux, raccourcit les délais de paiement et renforce la traçabilité des transactions.

Les dates clés de l'obligation en France

Le passage à la facture électronique s'effectue en deux temps.

Au 1er septembre 2026

  • Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques
  • Les grandes entreprises et ETI sont tenues d'en émettre

Au 1er septembre 2027

  • Les PME, TPE et micro-entreprises sont à leur tour tenues d'émettre des factures électroniques

Grande entreprise

Effectif≥ 5 000
CA ou Bilan> 1,5 Md€ ou > 2 Md€
RéceptionSept. 2026
ÉmissionSept. 2026

ETI

Effectif< 5 000
CA ou Bilan≤ 1,5 Md€ et ≤ 2 Md€
RéceptionSept. 2026
ÉmissionSept. 2026

PME

Effectif< 250
CA ou Bilan≤ 50 M€ ou ≤ 43 M€
RéceptionSept. 2026
ÉmissionSept. 2027

TPE / Micro

Effectif< 10
CA ou Bilan≤ 2 M€
RéceptionSept. 2026
ÉmissionSept. 2027

Point essentiel

  • Votre entreprise n'est pas soumise à l'émission avant septembre 2027 ? Vous devez tout de même être en capacité de recevoir des factures électroniques dès septembre 2026. Vos fournisseurs grands comptes commenceront à les envoyer au format électronique à cette date.

Les entreprises concernées par la facturation électronique

Le principe est clair : toutes les entreprises assujetties à la TVA en France sont visées par la réforme, indépendamment de leur forme juridique ou de leur taille.

Entreprises concernées

Sont concernées les structures suivantes, dès lors qu'elles réalisent des opérations soumises à TVA :

  • Sociétés commerciales (SA, SAS, SARL, EURL)
  • Entreprises individuelles et auto-entrepreneurs
  • Professions libérales

Cas d'exclusion

Certaines opérations ne relèvent pas du dispositif d'e-invoicing :

  • Les ventes aux particuliers (B2C), soumises uniquement à l'e-reporting
  • Les transactions avec des entreprises étrangères (export, intracommunautaire), soumises à l'e-reporting

Important

  • Même si la totalité de vos opérations se situe hors du périmètre de l'e-invoicing, vous devrez être en mesure de recevoir les factures électroniques envoyées par vos fournisseurs.

Et pour les marchés publics (B2G) ?

La facturation électronique à destination du secteur public est déjà obligatoire depuis 2017. Si vous facturez des administrations, collectivités ou établissements publics, vous utilisez la plateforme Chorus Pro, qui joue le rôle de plateforme agréée pour l'ensemble des entités publiques.

Avec la réforme 2026, deux possibilités s'offrent à vous :

  • Poursuivre le dépôt de vos factures directement sur Chorus Pro
  • Passer par une plateforme agréée connectée à Chorus Pro, afin de centraliser vos flux B2B et B2G dans un seul outil

Créer une facture électronique

Pour produire une facture électronique conforme, il vous faut un logiciel de facturation ou une application web capable de générer des documents dans l'un des trois formats reconnus (Factur-X, UBL ou CII). Les outils artisanaux comme Word ne sont plus compatibles avec la facturation B2B.

Les 4 nouvelles mentions obligatoires sur les factures électroniques

La réforme impose quatre mentions supplémentaires sur les factures :

4 nouvelles mentions obligatoires

  • Numéro SIREN du client : identification unique de l'acheteur
  • Catégorie de l'opération : vente de marchandises, prestation de services, ou opération mixte
  • Mention "Option pour le paiement de la TVA d'après les débits" : le cas échéant
  • Adresse de livraison complète : lorsqu'elle diffère de l'adresse de facturation

Cycle de vie d'une facture électronique

La réforme va au-delà de la simple création de factures au bon format. Elle encadre le parcours complet de la facture, de sa création à son archivage. Votre logiciel de facturation doit donc être relié à une plateforme agréée, ou disposer lui-même de cette qualification.

Cycle de vie d'une facture électronique

1
Étape 1/5

Création

Production au format structuré avec l'ensemble des mentions obligatoires

2
Étape 2/5

Transmission

Acheminement via une plateforme agréée (pas par email)

3
Étape 3/5

Réception

Intégration automatique des factures fournisseurs dans le logiciel

4
Étape 4/5

Stockage

Archivage conforme sur 10 ans, dans le format d'origine

5
Étape 5/5

E-reporting

Extraction et envoi des données à l'administration fiscale

Le suivi informatique des factures et des encaissements

Chaque facture électronique passe par plusieurs statuts, pilotés par les plateformes agréées. Ce suivi en temps réel vous donne une vision précise de l'avancement de chaque facture et vous permet de réagir vite en cas de blocage.

DÉPÔT

SignificationFacture acceptée par votre plateforme (date horodatée)

REJET

SignificationFacture refusée par la plateforme (format non conforme, incohérence de montants)

REFUS

SignificationFacture refusée par le destinataire (erreur de destinataire, contestation)

ENCAISSÉE

SignificationPaiement reçu (date et montant transmis)

Tout savoir sur les plateformes agréées

Les plateformes agréées occupent une place centrale dans la réforme. Aucune facture électronique ne peut être émise ni reçue en dehors de ces plateformes.

Qu'est-ce qu'une plateforme agréée ?

Une plateforme agréée (anciennement PDP, Plateforme de Dématérialisation Partenaire) est un opérateur privé immatriculé par l'administration fiscale (DGFiP) pour une durée de 3 ans renouvelable.

Pour décrocher cette immatriculation, la plateforme doit :

  • Détenir des certifications en matière de sécurité informatique
  • Héberger ses données sur des serveurs situés et opérés dans l'Union européenne
  • Garantir une traçabilité complète des données
  • Se soumettre à un audit annuel obligatoire

Environ 100 plateformes disposent actuellement de cette immatriculation.

Plateforme Agréée vs Solution Compatible

Il convient de distinguer deux types d'acteurs :

Immatriculation DGFiP

Plateforme Agréée (PA)Oui
Solution Compatible (SC)Non
Logiciel de facturation standardNon

Transmission directe des factures

Plateforme Agréée (PA)Oui
Solution Compatible (SC)Oui (en se connectant à une PA)
Logiciel de facturation standardNon

Transmission e-reporting

Plateforme Agréée (PA)Oui
Solution Compatible (SC)Oui (en se connectant à une PA)
Logiciel de facturation standardNon

Bon à savoir

  • Tout logiciel de facturation en ligne peut devenir une SC en se connectant à une PA. Et toute SC peut obtenir le statut de PA en répondant au cahier des charges technique du gouvernement.
  • N'attendez pas pour interroger votre fournisseur de solution de facturation sur son statut actuel, et sur sa capacité à être prêt pour l'entrée en vigueur de la facturation électronique.

Comment choisir sa plateforme ?

Voici les principaux critères à examiner :

  • Compatibilité avec votre logiciel de facturation actuel
  • Fonctionnalités liées à la facturation électronique (émission, réception, relances, archivage, reporting)
  • Services complémentaires (déclarations automatiques, CRM, banque, expertise-comptable, assurance, ERP, caisse électronique...)
  • Tarification adaptée à votre volume de factures et à votre chiffre d'affaires
  • Service client et accompagnement pendant la transition

4 étapes pour se préparer à la transition

La réforme entre en application dans quelques mois. Voici la marche à suivre pour être opérationnel.

1
Étape 1/4

Auditer vos processus actuels

Commencez par dresser un état des lieux : combien de factures émettez-vous et recevez-vous chaque mois ? Qui sont vos principaux fournisseurs et clients B2B ? Quel est le coût actuel de la gestion de votre facturation entrante et sortante ? Formalisez ou adaptez votre circuit interne pour le traitement des factures fournisseurs et clients, ainsi que pour vos obligations légales. Impliquez vos équipes pour cartographier ce circuit et identifier tout ce qu'une PA pourrait automatiser.

2
Étape 2/4

Choisir votre solution

Si votre logiciel actuel possède déjà le statut de plateforme agréée ou s'il est raccordé à une PA, examinez leur offre. C'est le bon moment pour comparer avec d'autres acteurs du marché. Sinon, partez à la recherche d'une solution adaptée à votre volume et à vos besoins, en vous appuyant sur votre audit. Certaines plateformes proposent des formules gratuites pour les petits volumes, d'autres des fonctionnalités avancées pour les structures plus importantes.

3
Étape 3/4

Former vos équipes

Les services concernés doivent monter en compétence sur les nouveaux outils et processus. La comptabilité doit s'approprier les nouveaux flux et le rapprochement automatique. Les équipes commerciales doivent savoir produire des factures conformes avec les mentions supplémentaires. Le service achats doit maîtriser le traitement des factures fournisseurs entrantes.

4
Étape 4/4

Prendre en main et tester

N'attendez pas le 1er septembre 2026 pour envoyer votre première facture électronique. Plusieurs plateformes agréées permettent déjà de créer des factures au bon format. Profitez-en pour découvrir l'outil en conditions réelles. Testez le module de génération de factures électroniques. Actualisez vos modèles de factures avec les quatre nouvelles mentions obligatoires. Mettez en place ou ajustez votre circuit interne pour le suivi des statuts de factures.

Non, à compter de septembre 2026 (ou 2027 selon votre taille), les factures B2B devront impérativement être produites au format électronique structuré et passer par une plateforme agréée. Le simple PDF envoyé par email ne sera plus recevable pour les transactions entre assujettis français.
Des sanctions financières sont prévues : une amende de 15 € par facture non conforme, avec un plafond de 15 000 € par an. L'administration peut aussi refuser la déduction de la TVA. En pratique, vos clients pourraient tout simplement rejeter vos factures non conformes.
Pas forcément. Vérifiez d'abord la compatibilité de votre logiciel actuel avec la réforme. La plupart des éditeurs ont prévu les mises à jour nécessaires. En revanche, les outils artisanaux (Excel, Word, Canva...) ne seront plus utilisables pour la facturation B2B.
Non, le dispositif est sécurisé. Les plateformes agréées respectent des exigences strictes : certification de sécurité informatique, audit annuel obligatoire, hébergement dans l'Union européenne, traçabilité intégrale. Chaque facture est horodatée et son intégrité est garantie.
Les factures électroniques doivent être conservées pendant 10 ans dans l'un des formats conformes. La majorité des plateformes agréées proposent un service d'archivage, mais vous pouvez aussi les stocker sur vos propres serveurs.
Le prix dépend de la solution retenue : de 0 € (formules gratuites pour les petits volumes) à plusieurs centaines d'euros par mois pour les offres avancées. Le coût unitaire par facture oscille entre 0,10 € et 0,50 €. À titre de comparaison, une facture papier coûte entre 10 € et 15 € à traiter.
Oui, plusieurs plateformes proposent des offres sans frais, avec des limites en termes de fonctionnalités ou de volume. Elles conviennent aux auto-entrepreneurs et TPE qui souhaitent se mettre en conformité sans investissement.