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Facture Électronique en Ligne
Finance & Comptabilité

Facture Électronique en Restauration : Obligations et Préparation 2026

Tout ce que les restaurateurs doivent savoir sur la facturation électronique : calendrier, obligations spécifiques au secteur CHR, choix de plateforme agréée et étapes concrètes de mise en conformité.
10 min de lecture

Préparer votre restaurant à la facture électronique en 4 étapes

La facture électronique en restauration désigne l'obligation pour chaque restaurateur assujetti à la TVA de recevoir et, à terme, d'émettre ses factures au format structuré via une plateforme agréée par la DGFiP, dès le 1er septembre 2026, plus de 750 000 établissements sont concernés en France.

La bonne nouvelle ? Vous n'avez pas besoin d'émettre vos propres factures électroniques avant septembre 2027 (ou 2028 selon votre taille). Mais la réception, c'est dans quelques mois. Quatre actions suffisent pour ne pas être pris au dépourvu.

La suite de cet article détaille chaque étape, les cas spécifiques à la restauration (notes inférieures à 150 €, tickets de caisse, e-reporting B2C) et un comparatif des plateformes adaptées au secteur CHR. Objectif : vous donner un plan d'action clair, pas un cours de fiscalité.

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Étape 1/4

Vérifier la compatibilité de votre système de caisse

Contactez votre éditeur de logiciel de caisse (Lightspeed, Zelty, Tiller, Cashpad…) et demandez-lui par écrit s'il sera compatible avec la réception de factures électroniques au format Factur-X ou UBL d'ici septembre 2026. Si la réponse est floue ou négative, c'est le moment de changer. Votre logiciel de caisse gère vos ventes B2C, il doit aussi supporter le flux e-reporting.

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Étape 2/4

Choisir une plateforme agréée (PA ou PDP)

Votre plateforme agréée est l'intermédiaire entre vos fournisseurs, vous et l'administration fiscale. Consultez la liste officielle sur impots.gouv.fr. Pour un restaurant, privilégiez une PDP qui s'intègre avec votre logiciel de caisse et votre expert-comptable. Vérifiez que la plateforme gère le e-reporting (vos ventes B2C aux particuliers).

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Étape 3/4

Informer votre expert-comptable et vos fournisseurs

Votre comptable doit connaître la PDP que vous avez choisie pour paramétrer les flux. Côté fournisseurs (grossistes, Rungis, Metro…), demandez-leur via quelle plateforme ils émettront leurs factures. L'interopérabilité entre plateformes est prévue par la réforme, mais mieux vaut vérifier maintenant.

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Étape 4/4

Tester la réception sur quelques factures réelles

Avant la date butoir, demandez à un fournisseur volontaire de vous envoyer une facture test via la plateforme. Vérifiez que la facture arrive dans votre espace, que les montants sont lisibles, que votre comptable y accède. Un test vaut mille présentations PowerPoint.

Calendrier de la réforme pour les restaurateurs

La réforme se déploie en trois vagues. Peu importe la taille de votre restaurant, la première échéance vous concerne : le 1er septembre 2026, tous les assujettis TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée (source : DGFiP, Loi de finances 2024, art. 91).

Pour l'émission, le calendrier est progressif, les ETI et grandes entreprises émettent dès septembre 2026. Les PME (50 à 249 salariés) suivent en septembre 2027. Les TPE et micro-entreprises, soit la majorité des restaurants indépendants, ont jusqu'en septembre 2028.

Attention : ces dates concernent le e-invoicing (factures B2B). Le e-reporting de vos ventes B2C suit le même calendrier. Consultez le calendrier complet de la réforme pour vérifier votre échéance exacte.

Ce qui change concrètement dans votre quotidien

Aujourd'hui, votre fournisseur de boissons vous envoie un PDF par e-mail. Vous l'imprimez (ou pas), votre comptable le ressaisit. Demain, cette facture arrive directement sur votre plateforme agréée, au format structuré. Le logiciel comptable l'intègre sans ressaisie.

Qu'est-ce que ça signifie au quotidien , moins de papier, moins d'erreurs, mais un changement d'habitude. Vos commandes chez Metro, Brake ou Transgourmet généreront des factures qui transitent par le circuit numérique. Fini le classeur de factures papier, tout est centralisé.

E-reporting : l'obligation oubliée des restaurateurs

  • Un restaurant vend majoritairement à des particuliers (B2C), ces ventes relèvent du e-reporting, pas de l'e-invoicing
  • Votre caisse enregistreuse transmet un récapitulatif quotidien de vos ventes à l'administration via votre plateforme
  • Le e-reporting est une obligation DISTINCTE de l'e-invoicing, les deux vous concernent
  • Votre caisse doit être certifiée NF525 ET compatible e-reporting, ce sont deux choses différentes

Notes de frais et cas particuliers en restauration

La restauration a ses spécificités. La DGFiP le sait, et des tolérances existent pour les petits montants. Trois scénarios concrets.

1. Note inférieure à 150 € sans demande de facture

Votre client paie son repas à 45 € et repart sans rien demander. Rien ne change pour vous : la vente est enregistrée en caisse et remonte via le e-reporting en cumul quotidien. Pas de facture électronique individuelle à émettre (source : DGFiP, FAQ facturation électronique 2025).

2. Note inférieure à 150 € avec demande de facture

Un salarié en déplacement vous demande une facture pour sa note de frais. Deux options : soit vous émettez une facture électronique via votre PDP (si votre caisse le gère), soit vous remettez un ticket classique. La tolérance administrative s'applique jusqu'à 150 €, au-delà, la facture électronique devient obligatoire si le client est un assujetti TVA.

3. Factures fournisseurs classiques (B2B)

Vos achats auprès de grossistes, de fournisseurs de matières premières ou d'équipement sont des opérations B2B standard. Ici, pas de tolérance : la facture électronique s'applique selon le calendrier officiel. Votre fournisseur émet, vous recevez via votre plateforme agréée.

Limite honnête : ces tolérances concernent les notes de faible montant. Pour les traiteurs, les banquets d'entreprise ou la restauration collective avec des montants élevés, les règles B2B classiques s'appliquent intégralement. Ne comptez pas sur la tolérance des 150 € pour esquiver la conformité.

Schéma du flux de facturation électronique entre un fournisseur, la plateforme agréée et un restaurant
Flux simplifié : fournisseur → plateforme agréée → restaurant

Coût

Chorus Pro (gratuit)Gratuit
PDP privée (Pennylane, Sage…)10-30 €/mois
PA via éditeur de caisseInclus dans l'abonnement caisse

Intégration caisse

Chorus Pro (gratuit)Non native
PDP privée (Pennylane, Sage…)Via API ou connecteur
PA via éditeur de caisseNative

E-reporting B2C

Chorus Pro (gratuit)Non
PDP privée (Pennylane, Sage…)Selon la PDP
PA via éditeur de caisseOui (si certifiée)

Adapté restauration

Chorus Pro (gratuit)Non (secteur public)
PDP privée (Pennylane, Sage…)Oui si compatible CHR
PA via éditeur de caisseOui

Support dédié

Chorus Pro (gratuit)Forum communautaire
PDP privée (Pennylane, Sage…)Chat/téléphone
PA via éditeur de caisseVia l'éditeur

Choisir la bonne plateforme pour un restaurant

Chorus Pro est gratuit mais conçu pour le secteur public. Pour un restaurant, c'est rarement le bon choix. Votre priorité : une plateforme qui communique avec votre caisse et votre comptable.

Deux pistes concrètes selon votre situation :

Vous utilisez déjà un logiciel de caisse récent (Lightspeed, Zelty, Tiller) : vérifiez si votre éditeur propose une PA ou PDP intégrée. C'est la approche la plus simple, un seul interlocuteur, un seul abonnement. Contactez-les directement et demandez leur feuille de route facturation électronique 2026.

Vous avez une caisse ancienne ou un système maison : tournez-vous vers une PDP indépendante comme Pennylane, Sage ou Cegid. Votre expert-comptable travaille probablement déjà avec l'une d'elles. Alignez-vous sur son outil pour éviter les doublons. Consultez notre comparatif des plateformes agréées pour affiner votre choix.

Quel que soit votre choix, vérifiez un point non négociable : la plateforme doit gérer le e-reporting de vos ventes B2C. Sans ça, vous ne serez conforme qu'à moitié.

Avantages

4 points positifs

  • Fin de la ressaisie manuelle des factures fournisseurs, gain estimé à 2-3 heures/semaine
  • Suivi de trésorerie en temps réel : chaque facture reçue est visible instantanément
  • Réduction des litiges fournisseurs grâce au format structuré
  • Pré-remplissage automatique de la déclaration de TVA

Inconvénients

4 points d'attention

  • Coût de mise à niveau du système de caisse si non compatible (500-2 000 € selon la solution)
  • Formation du personnel à la nouvelle interface, prévoir 1 à 2 demi-journées
  • Dépendance à la connexion internet pour la transmission des flux
  • Période de transition où les deux systèmes (papier et électronique) coexistent

Avantages réels pour les restaurateurs

Au-delà de la conformité légale, la facture électronique résout un problème très concret en restauration : le décalage entre ce que vous achetez et ce que votre comptable voit. Combien de fois un bon de livraison Brake s'est-il perdu entre la cuisine et le bureau ? Le flux numérique supprime ce trou noir.

Un restaurateur avec 15-20 fournisseurs reçoit entre 60 et 100 factures par mois. La ressaisie manuelle prend du temps et génère des erreurs, un zéro de trop sur une facture Metro, une TVA à 5,5 % comptabilisée à 10 %. Le format structuré élimine ces risques.

Le e-reporting de vos ventes B2C simplifie aussi la déclaration de TVA. Votre caisse transmet les données agrégées, votre déclaration se pré-remplit. Moins de corrections, moins de relances du service des impôts. Pour les restaurateurs multi-établissements, le gain est encore plus net : une vue consolidée de tous les flux sur une seule plateforme.

Vous voulez vérifier votre conformité et anticiper les étapes ? Créez votre première facture électronique pour tester le format et vous familiariser avec le processus avant l'échéance de septembre 2026.

Oui. Tout restaurateur assujetti à la TVA doit recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026. L'obligation d'émettre dépend de la taille : septembre 2027 pour les PME, septembre 2028 pour les TPE et micro-entreprises. Les ventes aux particuliers (B2C) relèvent du e-reporting, pas de l'e-invoicing, mais les deux sont obligatoires.
Les entreprises non assujetties à la TVA (certaines associations, collectivités sous régime spécifique) sont exclues du périmètre. En restauration, la quasi-totalité des établissements sont assujettis à la TVA (5,5 % sur les plats à emporter, 10 % sur la consommation sur place, 20 % sur l'alcool). Si vous facturez avec TVA, vous êtes concerné. Pour en savoir plus, consultez notre article sur l'assujettissement TVA et la facture électronique.
La réception est obligatoire au 1er septembre 2026, quelle que soit la taille de votre établissement. Pour l'émission, un restaurant de moins de 10 salariés (TPE ou micro-entreprise) a jusqu'au 1er septembre 2028. Les PME de 50 à 249 salariés doivent émettre dès septembre 2027. Détail du calendrier complet ici.
Votre logiciel de caisse ou votre PDP génère la facture au format Factur-X (PDF enrichi de données XML), UBL ou CII. Vous renseignez les mentions obligatoires (SIREN, montant HT, TVA, date) et la plateforme transmet le fichier structuré à votre client et à l'administration. Pour un ticket de caisse classique B2C, c'est le e-reporting qui s'applique, pas besoin de facture individuelle par client.
Cela dépend de l'éditeur. Lightspeed, Zelty et Tiller ont annoncé des mises à jour compatibles avec la réforme 2026. Les caisses plus anciennes (avant 2020) nécessitent souvent un remplacement ou un connecteur vers une PDP tierce. Contactez votre éditeur et demandez sa feuille de route e-invoicing et e-reporting 2026, par écrit, pour garder une trace de son engagement.
L'e-invoicing concerne vos factures B2B : achats auprès de fournisseurs, ventes à des entreprises (traiteur pour un séminaire, par exemple). Le e-reporting concerne vos ventes B2C aux particuliers, le flux quotidien de votre caisse. Les deux passent par votre plateforme agréée, mais ce sont deux obligations distinctes avec des formats de transmission différents.